Parfois, il me vient l'irrésistible envie d'écrire. Des textes a n'en plus finir, des pages et des pages. Parce que je sens ce poids me peser sur les épaules, parce que je ressens ce besoin de l'évacuer. J'en ai des cahiers remplis, de cette époque, peu lointaine pourtant, mais qui était si différente, si éloignée de moi-même. Maintenant, ce n'est plus pareil, lorsque je prend ce même crayon et que j'ouvre ces même cahiers, ce ne sont plus les même mots qui glissent de ma tête, plus la même inspiration qui jaillit de mon stylo.
Je crois être une personne changée, changée par la vie. J'ai surfer sur celle-ci et j'ai parfois fermé les yeux, pour aller là où les vagues me mèneraient. La vie m'a apprise à nager, à ne pas me laisser emporter par le courant, à ne pas arrêter de lutter pour couler au fond de l'océan.
J'aimerais pouvoir me projeter dans l'avenir, s'il existe. Il m'inquiète, il me fait espèrer, il me fait rêver. Pourtant, il me semble si loin, tout en étant à ma portée. Je n'aurai qu'a tendre les bras pour le toucher du bout des doigts, ne serais-ce qu'un instant. J'aimerais me rapporcher de lui, mais tout en ne m'éloignant pas trop de mon passé. De toutes ces promesses, ces souvenirs, cette jeunesse qui n'a pourtant rien d'extraordianire et c'est ce qui en fait toute se beauté, de ces personnes que j'ai croisées, qui m'ont fait croire, qui m'ont fait avancer, à qui j'ai souris. Ces pensées contradictoires s'entrechoqent et se mêlent et font tout de même qu'un. J'ai peur du changement, les autres qui évoluent, et moi aussi, par le fait même. La vie nous expose à des choses qui sont hors de notre contrôle, hors de notre compréhension, nous devons parfois baisser les bras, contre notre volonté. C'est dur d'abandonner, malgrès nous. De lutter pour du vide, des efforts perdus, des espoirs déchus. La vie est surnoise, mais j'y crois encore, car, tant qu'il y a de l'espoir, il y a de la vie. C'est le principe du cercle vicieux je crois, je n'y échappe pas.